Papa coach #3

(suite de papa coach #2)

RÉSUMÉ: Face aux difficultés rencontrées par mon fils dans son processus créatif (il s’est décidé à créer des vidéos comiques comme son idole Norman) et sa tendance à se réfugier dans la procrastination, je l’ai convoqué à une séance de « papa coach » pour raviver sa motivation et son estime de soi.
Après avoir établi la « liste de ses peurs », nous nous attaquions à une nouvelle phase dans notre séance…


Avouer ses peurs

[E]n l’espace d’une bonne demi-heure, le stress de Marc était tombé de 6 à 4/10. La « mayonnaise » du coaching commençait donc à prendre, mais tout n’était pas gagné, car je sentais que des choses difficiles voulaient « sortir de mon ado ». Il m’avouait d’ailleurs qu’il avait une sorte de « boule » d’angoisse au fond de la gorge mais nous n’arrivions pas clairement à en définir les contours et à la VERBALISER.

Il me disait aussi que pour ne pas penser à ses peurs, il jouait sur ses consoles et regardait les films de Norman ou Cyprien, mais aussi des « walk-through », des vidéos où des joueurs décrivent en direct la partie qu’ils sont effectivement en train de faire. Il ajouta aussi que désormais les dessins-animés (plutôt violents) ne l’intéressaient plus vraiment (à mon grand soulagement, je vous le concède).

En fait ce double aveu de Marc à cet instant précis était particulièrement important pour moi et surtout pour lui :

  • il admettait clairement qu’il voulait échapper à ses peurs en se réfugiant dans un « monde parallèle » (or pour comprendre son mal-être, encore faut-il admettre et accepter sans équivoque que l’on est effectivement « mal ») ;
  • il comprenait qu’une nouvelle étape dans sa croissance avait été franchie : les dessins-animés le désintéressent, il veut autre chose (un peu comme lorsqu’on comprend que le Père Noël n’existe pas). Ce dernier aveu fut un peu bouleversant pour lui car il réalisait un peu « l’énormité » de ce qu’il venait de dire eû égard à ses goûts, mais ce fut libératoire.

Classer pour rationaliser et diminuer la peur

[A]fin d’avancer dans notre processus de « clarification » des peurs, je lui demandai de classer les items de sa liste par ordre d’importance décroissant, afin de voir la « peur » qui lui pesait le plus.

Il a spontanément écrit que celle concernant l’école était la plus importante, à savoir les quantités de matières différentes à apprendre, les évaluations, les mauvaises notes à ramener à la maison, etc.

La deuxième concernait les relations avec ses camarades. Je lui faisais tout de suite remarquer que c’était une « peur indirecte« , que le problème n’était pas ses copains et copines de classe en tant que personnes, mais bien son angoisse à créer une relation avec eux. Il comprenait donc que ce n’étaient pas les camarades qui généraient cette peur, mais son incapacité momentanée à créer une relation avec eux, donc la peur vient bien de lui, au final.

Le « reste des peurs » concernait plutôt les vidéos, et je lui ai donc conseillé de les regrouper dans un paquet « films », qui d’ailleurs était l’objet de notre séance en cours (à savoir, le remotiver pour qu’il continue à produire des films, ce qui est, je tiens à le préciser, sa volonté).

J’ai immédiatement indiqué à Marc que l’on pouvait simplifier ses peurs concernant la production de films en trois catégories :

  1. peur de ne pas « bien faire » : perfectionnisme
  2. peur de la « page blanche » : angoisse créative
  3. peur de ne pas avoir le temps de filmer : « time management »

À chaque fois, je lui demandais s’il comprenait bien ce que je lui disais pour VALIDER.

Petit à petit, les peurs peuplant son esprit commençaient sérieusement à prendre contour, les « nuages noirs » perdaient de leur contenance et devenaient donc de plus en plus maîtrisables : on voyait plus clairement dans « leur jeu » !


Une méthode pas si nouvelle que ça!

[J]’ai pris alors une petite pause et lui ai expliqué un peu le sens de toute cette démarche que nous avions engagée lui et moi afin de lui donner une véritable vue d’ensemble et qu’il comprenne mieux :

  1. il faut dans un premier temps admettre l’existence de nos SOUFFRANCES (ici, ses peurs) ;
  2. il faut ensuite mettre en évidence les CAUSES de ces souffrances. Marc a d’ailleurs pertinemment ajouté qu’il faut le faire en ANALYSANT et en CLASSIFIANT (faire la liste des peurs, les hiérarchiser et les grouper) ;
  3. il faut dans un troisième temps imaginer des méthodes pour ELIMINER LES CAUSES de la souffrance;
  4. enfin, les causes étant éliminées, la souffrance disparaît.

Cette démarche est logique et scientifique. Je dirais même qu’elle est incontestable parce qu’elle est simple. Certains d’entre vous auront reconnu les « quatre nobles vérités » fondatrices du bouddhisme, mais j’ai déjà décidé il y a plusieurs années de ne pas faire de prosélytisme envers mon fils et ne lui ai donc pas parlé de cet aspect.

Marc a donc compris que nous étions lui et moi arrivés à la troisième étape de notre démarche, à savoir imaginer comment éliminer les causes de sa souffrance, de ses peurs.

Je lui ai donc demandé de me faire la « liste de ses plaisirs » et d’expliciter ce qui le rend enthousiaste après avoir mis deux points. Voici le résultat :

« LISTE DE MES PLAISIRS »

1. L’école en général : les nouvelles connaissances, certains profs
2. Jouer et regarder des vidéos (théories de jeux…) : écran
3. Discuter avec mes parents et proches : analyser
4. J’aime les crêpes
5. Faire des vidéos »


[J]e l’ai naturellement laissé écrire librement, sans porter de jugement émotionnel afin de « rationaliser » au maximum tout le processus. Il était un peu bloqué au début, car parler de ses plaisirs n’était pas simple, tout comme les peurs. C’était une démarche un peu « intime » et pas forcément naturelle et spontanée.

Pour l’aider à faire son inventaire, je lui suggérais de s’imaginer entrer dans une chambre avec sa couleur préférée et que chaque objet ou tableau sur le mur serait un plaisir. Il n’aurait simplement qu’à faire la liste de ce qu’il voyait. Je commençais d’ailleurs à mimer, allant et venant dans la pièce, faisant mine d’admirer tel ou tel objet imaginaire.

La métaphore réussit car presque immédiatement il se mit à écrire facilement, avec plaisir, car les informations sortaient spontanément désormais.

Il se mit tout naturellement à classer ses plaisirs et était prêt à attaquer l’élaboration de son tableau « Mes peurs / Mes plaisirs ».

Cet exercice n’eut pas tout de suite le résultat positif escompté cependant. Mais au final, Marc a pu repartir avec une vision claire de ses objectifs, de ses peurs. Il allait bien mieux 🙂

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