Le coming out de l’auteur/e – de la plume… à la UNE!

Le coming out de l’auteur/e – de la plume… à la UNE!

DE LA PLUME À LA UNE: pour un/e auteur/e, il est souvent difficile de “sortir du placard” et de se faire connaître. Expériences croisées.

Voici la première émission d’une série co-présentée avec Laure Lapègue. Elle vise à aider les auteur/es à affronter le public, se faire connaître et rencontrer leurs lectrices et lecteurs 🙂

Stéphanie Aten: auteure et scénariste…

Stéphanie est notre première invitée pour cette émission inaugurale où nous parlons d’un aspect fondamental de la vie d’auteur/e, sa “venue au monde” ou son “coming out“. Elle nous parle de façon très naturelle de sa vie d’écrivaine, de scénariste, de son choix d’opter pour un nom de plume. Son choix professionnel est intervenu très tôt dans sa vie et elle n’a jamais cessé d’écrire malgré le peu de soutien de sa famille.

Elle est notamment l’auteure du roman la 3ème guerre que je vous recommande chaleureusement.

Morgane Pinon: son témoignage

Morgane, toute jeune auteure, nous fait l’amitié d’intervenir dans l’émission pour nous confier son expérience. Elle a pu vaincre ses peurs, ses difficultés en français et en orthographe, pour publier quatre livres, notamment son recueil de nouvellesNé de poussière d’étoiles” et mener de front son activité professionnelle dans la chimie. Elle nous parle aussi de son parcours, de l’écriture à quatre mains d’un roman avec un auteur habitant au Maroc.

Une libération

En écoutant cette conversation, vous réaliserez combien la “venue au monde” d’un/e auteur/e peut être psychologiquement difficile. Néanmoins nous convenons tous qu’ô combien libératoire cela peut être. Chacun des intervenants confie son histoire, différente. C’est souvent une épreuve, mais qui vaut le coup d’être vécue!

Maintenant les choses sont désormais plus aisées. Avec l’avènement de l’auto-édition par exemple sur Amazon, on peut offrir très rapidement ses écrits au lectorat. Il n’en reste pas moins qu’être auteur/e est un choix à assumer et qu’il faut parfois faire abstraction de l’opinion des autres… Comme beaucoup de choses dans la vie 🙂

Retrouvez un des livres de Stéphanie Aten:

COACHING: le diagramme FFOM au collège pour l’oral – épisode 3

COACHING: le diagramme FFOM et les solutions pour réussir à l’oral du brevet Cette semaine nous explorons le diagramme SWOT: Strenghts, Weaknesses, Opportunities, Threats en anglais (ou FFOM en français: forces, faiblesses, opportunités et menaces) avec les collégiens de Terreville, à Schoelcher en Martinique). Vous verrez que les idées ne manquent pas! Savoir évaluer correctement et …

Papa coach #3

(suite de papa coach #2)

RÉSUMÉ: Face aux difficultés rencontrées par mon fils dans son processus créatif (il s’est décidé à créer des vidéos comiques comme son idole Norman) et sa tendance à se réfugier dans la procrastination, je l’ai convoqué à une séance de “papa coach” pour raviver sa motivation et son estime de soi.
Après avoir établi la “liste de ses peurs”, nous nous attaquions à une nouvelle phase dans notre séance…


Avouer ses peurs

[E]n l’espace d’une bonne demi-heure, le stress de Marc était tombé de 6 à 4/10. La “mayonnaise” du coaching commençait donc à prendre, mais tout n’était pas gagné, car je sentais que des choses difficiles voulaient “sortir de mon ado”. Il m’avouait d’ailleurs qu’il avait une sorte de “boule” d’angoisse au fond de la gorge mais nous n’arrivions pas clairement à en définir les contours et à la VERBALISER.

Il me disait aussi que pour ne pas penser à ses peurs, il jouait sur ses consoles et regardait les films de Norman ou Cyprien, mais aussi des “walk-through”, des vidéos où des joueurs décrivent en direct la partie qu’ils sont effectivement en train de faire. Il ajouta aussi que désormais les dessins-animés (plutôt violents) ne l’intéressaient plus vraiment (à mon grand soulagement, je vous le concède).

En fait ce double aveu de Marc à cet instant précis était particulièrement important pour moi et surtout pour lui :

  • il admettait clairement qu’il voulait échapper à ses peurs en se réfugiant dans un “monde parallèle” (or pour comprendre son mal-être, encore faut-il admettre et accepter sans équivoque que l’on est effectivement “mal”) ;
  • il comprenait qu’une nouvelle étape dans sa croissance avait été franchie : les dessins-animés le désintéressent, il veut autre chose (un peu comme lorsqu’on comprend que le Père Noël n’existe pas). Ce dernier aveu fut un peu bouleversant pour lui car il réalisait un peu “l’énormité” de ce qu’il venait de dire eû égard à ses goûts, mais ce fut libératoire.

Classer pour rationaliser et diminuer la peur

[A]fin d’avancer dans notre processus de “clarification” des peurs, je lui demandai de classer les items de sa liste par ordre d’importance décroissant, afin de voir la “peur” qui lui pesait le plus.

Il a spontanément écrit que celle concernant l’école était la plus importante, à savoir les quantités de matières différentes à apprendre, les évaluations, les mauvaises notes à ramener à la maison, etc.

La deuxième concernait les relations avec ses camarades. Je lui faisais tout de suite remarquer que c’était une “peur indirecte“, que le problème n’était pas ses copains et copines de classe en tant que personnes, mais bien son angoisse à créer une relation avec eux. Il comprenait donc que ce n’étaient pas les camarades qui généraient cette peur, mais son incapacité momentanée à créer une relation avec eux, donc la peur vient bien de lui, au final.

Le “reste des peurs” concernait plutôt les vidéos, et je lui ai donc conseillé de les regrouper dans un paquet “films”, qui d’ailleurs était l’objet de notre séance en cours (à savoir, le remotiver pour qu’il continue à produire des films, ce qui est, je tiens à le préciser, sa volonté).

J’ai immédiatement indiqué à Marc que l’on pouvait simplifier ses peurs concernant la production de films en trois catégories :

  1. peur de ne pas “bien faire” : perfectionnisme
  2. peur de la “page blanche” : angoisse créative
  3. peur de ne pas avoir le temps de filmer : “time management”

À chaque fois, je lui demandais s’il comprenait bien ce que je lui disais pour VALIDER.

Petit à petit, les peurs peuplant son esprit commençaient sérieusement à prendre contour, les “nuages noirs” perdaient de leur contenance et devenaient donc de plus en plus maîtrisables : on voyait plus clairement dans “leur jeu” !


Une méthode pas si nouvelle que ça!

[J]’ai pris alors une petite pause et lui ai expliqué un peu le sens de toute cette démarche que nous avions engagée lui et moi afin de lui donner une véritable vue d’ensemble et qu’il comprenne mieux :

  1. il faut dans un premier temps admettre l’existence de nos SOUFFRANCES (ici, ses peurs) ;
  2. il faut ensuite mettre en évidence les CAUSES de ces souffrances. Marc a d’ailleurs pertinemment ajouté qu’il faut le faire en ANALYSANT et en CLASSIFIANT (faire la liste des peurs, les hiérarchiser et les grouper) ;
  3. il faut dans un troisième temps imaginer des méthodes pour ELIMINER LES CAUSES de la souffrance;
  4. enfin, les causes étant éliminées, la souffrance disparaît.

Cette démarche est logique et scientifique. Je dirais même qu’elle est incontestable parce qu’elle est simple. Certains d’entre vous auront reconnu les “quatre nobles vérités” fondatrices du bouddhisme, mais j’ai déjà décidé il y a plusieurs années de ne pas faire de prosélytisme envers mon fils et ne lui ai donc pas parlé de cet aspect.

Marc a donc compris que nous étions lui et moi arrivés à la troisième étape de notre démarche, à savoir imaginer comment éliminer les causes de sa souffrance, de ses peurs.

Je lui ai donc demandé de me faire la “liste de ses plaisirs” et d’expliciter ce qui le rend enthousiaste après avoir mis deux points. Voici le résultat :

“LISTE DE MES PLAISIRS”

1. L’école en général : les nouvelles connaissances, certains profs
2. Jouer et regarder des vidéos (théories de jeux…) : écran
3. Discuter avec mes parents et proches : analyser
4. J’aime les crêpes
5. Faire des vidéos”


[J]e l’ai naturellement laissé écrire librement, sans porter de jugement émotionnel afin de “rationaliser” au maximum tout le processus. Il était un peu bloqué au début, car parler de ses plaisirs n’était pas simple, tout comme les peurs. C’était une démarche un peu “intime” et pas forcément naturelle et spontanée.

Pour l’aider à faire son inventaire, je lui suggérais de s’imaginer entrer dans une chambre avec sa couleur préférée et que chaque objet ou tableau sur le mur serait un plaisir. Il n’aurait simplement qu’à faire la liste de ce qu’il voyait. Je commençais d’ailleurs à mimer, allant et venant dans la pièce, faisant mine d’admirer tel ou tel objet imaginaire.

La métaphore réussit car presque immédiatement il se mit à écrire facilement, avec plaisir, car les informations sortaient spontanément désormais.

Il se mit tout naturellement à classer ses plaisirs et était prêt à attaquer l’élaboration de son tableau “Mes peurs / Mes plaisirs”.

Cet exercice n’eut pas tout de suite le résultat positif escompté cependant. Mais au final, Marc a pu repartir avec une vision claire de ses objectifs, de ses peurs. Il allait bien mieux 🙂

Papa coach #2

Papa coach #2

(suite de “papa coach #1)

Devenir “Papa coach”, c’est bien joli, mais comment faire ?

Une citation ironique mais si profonde

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Mon ado scotché à l’écran

J’avais détecté chez Marc une sorte de leitmotiv sur les “peurs” qui, d’après lui, le bloquaient pour continuer à produire ses vidéos. Il considérait que, de toute façon, comme nous avions qualifié avec sa mère les deux derniers films inachevés de “moyens”, il n’y avait plus rien à faire, que tout était à jeter.

Effectivement, cette perspective ne serait pas réjouissante, pour n’importe qui. Et donc il était somme toute compréhensible que notre ado ne souhaitait plus affronter la critique de ses parents et que, logiquement, autant ne plus du tout s’intéresser aux films, car ils étaient “nuls” dans sa conception d’ado.

Sauf que tout était faux, évidemment : il y avait de bons passages dans ses films, et des choses à jeter. Comme dans tout. Il faut faire le tri, et pour cela, savoir se détacher…

J’ai souvent à l’esprit cette citation – volontairement ironique mais très profonde – de Winston Churchill : “Le succès consiste à aller d’échec en échec sans perte d’enthousiasme“. L’échec doit se comprendre ici comme n’étant rien de définitif mais une difficulté qu’il faut surmonter et qui nous aide à progresser.

Mon fils était donc en situation d’échec et avait perdu son enthousiasme. Il fallait donc le lui redonner, mais de façon profonde, durable, qu’il renoue avec la confiance en lui et l’estime de soi.

Un bon coaching paternel s’impose

Je décidai donc d’un plan d’action que je décris un peu plus bas et je n’avais pas peur de lui annoncer le jour précédent qu’il était convoqué mardi matin pendant au moins une heure à une “séance de coaching” où nous allions ensemble trouver des solutions à son problème de peurs et lui redonner envie de produire ses films.

En fait, la séance dura trois heures…

Cette perspective réjouissante – échapper à ses peurs – ne manquait pas de faire remonter un peu le moral de mon ado. C’était le but, d’ailleurs.

En effet, vous savez bien que lorsqu’on annonce une bonne nouvelle à venir à quelqu’un, la personne peut se réjouir trois fois : avant l’événement annoncé, pendant l’événement, et après… Je n’étais pas absolument sûr du résultat positif de mon premier “coaching officiel” avec mon fils (c’est à dire que je lui avais annoncé comme tel, tout le reste de mes enseignements précédents étant des coachings “non officiels” 🙂 ) mais j’étais confiant dans mes capacités à improviser durant la séance car je savais que j’allais trouver des difficultés imprévues.

Mon plan de coaching était donc simple:

1. Faire écrire à mon fils la “liste de ses peurs” et les classer par ordre décroissant
2. Lui faire écrire la “liste de ses plaisirs”
3. Lui demander de faire un tableau à deux colonnes “peurs” / “plaisirs”
4. Lui faire écrire une ou deux listes d’actions par projets
5. Lui introduire la méthode d’auto-motivation dite “Pomodoro” pour lui apprendre à mieux gérer son temps

Comme vous le voyez, je souhaitais qu’il mette lui-même la main à la pâte, qu’il VERBALISE et ÉCRIVE TOUT pour que les mots sortent et extirpent de cette façon les peurs diffuses de sa tête. Je voulais qu’il arrive seul – avec mon aide – à des conclusions simples sur ses sentiments négatifs qui le bloquaient dans son processus créatif, provoquaient de la souffrance inutile et le plongeaient dans l’auto-isolement.

Cela, c’est pour la théorie. Voyons la pratique…

Le grand jour !

Le mardi matin en question, je lui avais demandé de venir avec son “cahier de projets”, une sorte de brouillon sur lequel je lui demande de prendre des notes importantes lorsque nous travaillons ensemble.

Il était prêt, et un peu impatient. Je notais sur son visage une sorte d’inquiétude : il ne savait pas vraiment à quelle sauce il allait être mangé !

Je l’ai fait s’asseoir confortablement, me préoccupant de son bien-être. Je lui ai remis des stylos de plusieurs couleurs car il aurait besoin de mettre en évidence tel ou tel aspect dans son processus d’écriture et je veux lui apprendre progressivement à être un peu plus “visuel” et à abandonner le monochrome lors de sa prise de notes.

Je lui ai demandé si cela ne le gênait pas que je reste debout, allant et venant dans la pièce au fur et à mesure de mes réflexions, prêt moi aussi à noter des choses à ne pas oublier dans mon brouillon. J’avais déjà procédé de la sorte lors de nos séances d’enseignement de logiciels, mais là je voulais vraiment déclencher chez lui l’acceptation d’un processus d’auto-analyse. C’est pour cela que je fus un peu plus formel que d’habitude.

La liste des peurs

Ayant obtenu son accord, nous avons débuté le coaching : j’ai commencé à lui expliquer que les peurs n’ont pas de base réelle, qu’elles sont le fruit de notre cerveau qui ne sait pas, ou ne cherche pas à expliquer tel ou tel phénomène. Que c’est normal d’avoir des peurs, que certaines nous sauvent la vie, nous empêchent d’être blessé(e), nous permettent de venir en aide aux autres. Mais toutes les peurs, à l’instar des sentiments, ne sont pas bénéfiques.

Il y a des peurs rationnelles, comme celle de mourir, celle de souffrir, d’avoir faim, soif, etc. Et puis il y a tout le “sac” des peurs irrationnelles, celles qui nous pourrissent la vie et nous empêchent d’avancer, comme celle des araignées, des reptiles, etc. Attention, il ne faut pas comprendre que les peurs rationnelles mentionnées ci-dessus ne pourrissent pas la vie de certains… Bien au contraire!

Ces peurs non clairement définies ont tendance à “grossir”, à occuper notre esprit et ce faisant deviennent de plus en plus floues tout en étant proportionnellement plus présentes dans la chaîne sans fin de nos pensées. Elles ressemblent petit à petit à des fantômes ou à de “gros nuages noirs” insaisissables (cette dernière métaphore lui sembla plus correcte).

Revenant à son cas, j’ai demandé alors à mon fils d’écrire sur son cahier, spontanément et sans ordre particulier, les peurs qui envahissaient sa vie en ce moment. À chaque fois, je l’ai prié de mettre deux points avant d’expliquer exactement ses peurs, de les définir le plus précisément possible.

Il a commencé à écrire :

” LISTE DE MES PEURS

1. Les camarades de classe : j’ai peur d’eux car je ne sais pas vraiment m’en faire des amis
2. Ne pas avoir le temps de faire des vidéos
3. Ne pas faire des vidéos de qualité
4. Ne pas être inspiré pour créer des vidéos
5. Peur de la quantité de matières à l’école : ponctualité à respecter, devoirs à faire, notes d’évaluation.
6. Peur de ramener des mauvaises notes à la maison : plus de mes parents mais de moi-même : faute, gêne, déception, regret, colère ”

…/…

Je voyais au fur et à mesure qu’il écrivait sa liste des peurs que son agitation diminuait, qu’en dépit du fait qu’il n’aime pas vraiment écrire, il trouvait une nouvelle énergie à cet exercice cathartique.

Une suggestion inédite pour mesurer l’impact

Connaissant son goût pour les mathématiques et pour “quantifier” les choses, je lui proposai alors sur le champ un exercice imprévu initialement : mesurer son niveau de stress.

Il me regarda un peu interloqué, et je lui expliquai alors (à l’instar des niveaux de douleur auto-évalués par les patients) qu’il lui fallait indiquer, sur une échelle de 1 à 10, son niveau de stress : 0 ou 1 pour un stress inexistant, 10 pour un stress maximal, des tremblements, des sueurs froides, etc…

Ayant compris, je lui demandais alors quel était son niveau de stress au début de notre séance : “6/10”. Je notais en vert, sur son cahier, tout au début, “Stress: 6/10”.

Ensuite je lui demandais : “et maintenant ?”… “4/10”. Ravis, nous avons écrit tout de suite ce bon résultat, en vert, dans la marge, à côté de sa liste des peurs.

Mais ce n’était pas terminé, loin de là…. (à suivre)