Ecrire de la fiction avec plaisir et motivation: le “flocon de neige” par Randy Ingermanson

Fiction: le « flocon de neige » de Randy Ingermanson

J’aimerais vous présenter une méthode alternative particulièrement efficace, celle du “flocon de neige”, inventée par l’auteur américain Randy Ingermanson.

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Randy Ingermanson est l’auteur de “Writing fiction for dummies”, en français “Écrire de la fiction pour les nuls”, qui est d’ailleurs un excellentissime bouquin que je vous recommande. On y décortique plusieurs techniques et surtout les différents “profils” d’écrivains car nous ne sommes pas tous égaux devant la création d’une oeuvre de fiction…

Voici pour l’instant les étapes à parcourir dans ce cours :

  1. nous parlerons rapidement de la méthode de la fractale ou du “flocon de neige” développée par Randy Ingermanson
  2. nous ferons une présentation de son logiciel “Snowflake” pour que vous compreniez son utilité éventuelle pour vous et surtout sa puissance pour créer une fiction prenante et une suite de scènes.

Vous trouverez en ressources un lien vers son article en anglais où il expose sa méthode en 10 points.

Allez, on y va !

Si vous observez la nature, vous avez certainement remarqué que certains motifs se répètent, et ce, quel que soit le niveau d’agrandissement d’une photo d’un brocoli romanesco par exemple. Ou d’un coquillage. Ou d’une simple fougère, l’un des plus vieux végétaux peuplant notre planète.

On en trouve un peu partout comme vous le verrez dans ces quelques liens que je vous mets en ressources. C’est étonnant en tout cas ! Les mathématiques ont bien entendu modélisé ce phénomène et on en trouve des applications industrielles dans la fabrication du ciment, par exemple.

En termes simples, la fractale est en fait la répétition à l’infini d’un même motif de base qui se complexifie au fur et à mesure que l’échelle d’observation augmente.

Alors vous me direz, pourquoi ce délire, où va-t-on en venir avec la création d’une oeuvre de fiction, hein ? Je vous vois d’ici ! 🙂

Bon eh bien, nous y arrivons, ne vous inquiétez pas. Encore un peu de patience 🙂

Ce que vous voyez à l’écran, ce ne sont pas les dernières créations de bijoux de la maison Swarowski. Ce sont bel et bien des flocons de neige, grossis plusieurs fois. Vous observez de la même manière ce phénomène de fractale : le motif de base est tout simple, un triangle, mais aboutit à de magnifiques formes complètement naturelles, les cristaux de neige.

Ici, vous voyez comment on peut créer un flocon de neige de plus en plus complexe en ajoutant simplement un triangle dans chacun des côtés de la figure. À chaque étape, la figure se complexifie dans une progression géométrique.

De façon similaire, Randy Ingermanson propose deux axes de développement de la fiction : le synopsis et les personnages.

Il propose de partir “petit et simple” en écrivant son synopsis en UNE phrase (et oui !), de créer des personnages, puis d’augmenter son synopsis à un paragraphe, puis trois, de revenir étoffer la personnalité des personnages qui eux-mêmes densifient le synopsis et l’intrigue principale, etc…

Vous commencez à comprendre, je crois… En fait la construction devient de plus en plus solide, plus riche et complexe, au fur et à mesure que vous ajoutez des “couches” à votre “flocon de neige”, à votre fiction… C’est cela, le secret du flocon de neige 🙂

Alors, faisons une petite démonstration du logiciel “Snowflake” créé par Randy Ingermanson 🙂

Lorsque l’on ouvre le logiciel “Snowflake”, on tombe sur la première page de “Bienvenue” qui explique le concept de fractale que je viens de vous exposer.

On peut voir en haut, au niveau de la flèche rouge, les différents onglets qu’il va falloir parcourir progressivement pour créer la fiction.

La deuxième page, appelée “Start”, ce qui veut dire “démarrer” en français, consiste à fixer les paramètres fondamentaux de votre projet de fiction.

Reprenons le célèbre exemple de “Harry Potter et la pierre philosophale”, que Randy Ingermanson a préparé pour nous, pour mieux comprendre.

On peut donc lire : le titre, le sous-titre du livre, puis le genre (en l’occurrence, Fantasy), le nombre de mots à atteindre (ici 90.000 ce qui est un gros roman), puis la cible. Il est très important en effet de savoir pour qui vous allez écrire. Ici l’auteure J.K. Rowling s’adresse à de jeunes adultes lisant de la Fantasy.

Le troisième onglet, “Author info” vous concerne : vous pouvez y écrire votre nom véritable ou votre nom de plume, vos coordonnées.

Il n’est pas obligatoire de tout renseigner ici, mais cela peut vous être utile si vous voulez générer un synopsis court ou long, ce que vous permet de faire le logiciel “Snowflake”.

C’est au niveau du quatrième onglet, appelé “Step 1” ou première étape, que les choses commencent.

Ici il vous faut résumer votre fiction en UNE SEULE PHRASE, et oui !

Voyons ce que Randy propose ici : “Un magicien de onze ans tente d’arrêter un sorcier maléfique de revenir à la vie”.

Voilà, c’est simple, puissant : pas besoin de noms, il faut vraiment comprimer au maximum pour ne retenir que l’intrigue principale du livre.

Au niveau de la grande flèche verte, en bas, vous pouvez écouter les recommandations en anglais de Randy Ingermanson ou les relire au calme. Elles sont très utiles.

À la deuxième étape, on commence à appliquer la théorie de la fractale et du fameux “flocon de neige”.

Sur la moitié gauche de l’écran votre synopsis en une phrase apparait. Votre travail consiste à développer cette phrase en un long paragraphe. Randy nous propose le résumé suivant :

“Lors de son onzième anniversaire, l’orphelin Harry Potter est invité à quitter sa vie misérable auprès de son oncle et de sa tante pour aller rejoindre une école de sorcières et de magiciens. Harry apprend qu’un magicien maléfique, Lord Voldemort, avait tenté de le tuer lorsqu’il était bébé mais qu’il y avait perdu tous ses pouvoirs. Quand Harry manque de mourir lors d’une partie de Quidditch, il pense que le sinistre professeur Rogue en est responsable. Lorsque Harry est relégué en détention dans la forêt interdite, il surprend l’ombre de quelqu’un en train de boire du sang de licorne, qui est un philtre de vie. Harry réussit à empêcher Rogue de restaurer ses pouvoirs à Voldemort mais doit se confronter à Voldemort lui-même.”

À la troisième étape, on commence à remplir les fiches de personnages avec leurs différentes caractéristiques principales de personnalité, ce qui concerne leur “arc” en fait, que nous avons vu dans une leçon précédente.

Randy nous propose de remplir pour chacun : nom, ambition, but à atteindre dans l’histoire, conflit à résoudre, révélation (c’est à dire ce que découvre le personnage dans l’histoire en question), un résumé en une phrase et, vous l’avez compris, un résumé en un paragraphe.

Il faut à ce stade prendre le temps de créer les personnages, un par un.

Quatrième étape.

Ici on revient à notre premier axe de développement, le synopsis, et on reprend la technique du “flocon de neige”.

À gauche apparaît le paragraphe à développer, et à droite il vous faut écrire de sorte que chaque phrase de gauche devienne un paragraphe, à droite.

Vous commencez donc à bien comprendre cette technique de fractale.

Continuons.

Cinquième étape.

Après avoir bien travaillé sur le synopsis en plusieurs paragraphes, retour aux personnages.

Ici on laisse “parler” chacun de nos héros et héroïnes, en créant un vrai synopsis pour chacun d’entre eux.

Il faut être créatif et laisser les sous-intrigues apparaître : en effet, chacun de vos personnages a un ou plusieurs objectifs, un ou plusieurs obstacles à franchir. C’est très sympa 🙂

Encore une fois, n’hésitez pas à écouter ou lire les conseils de Randy Ingermanson en cliquant les boutons en bas à gauche de l’écran.

À la sixième étape, il vous faut cette fois écrire sur la droite de l’écran un synopsis “long” ou complet qui développe le synopsis d’une page que vous aviez fait précédemment.

Il ne faut pas hésiter à aller rechercher son inspiration auprès des personnages car l’histoire s’appuie sur les aventures des uns et des autres. C’est la phase un peu plus longue de la méthode “flocon de neige”, mais aussi celle qui vous permettra de définir les “unités utiles” de votre fiction, les scènes.

Lors de la septième étape, retour aux personnages : là on affine leurs caractéristiques physiques, tous les détails utiles pour éviter les inadvertances, tels que leur religion, leur opinion politique, leurs vêtements, etc.

C’est un peu fastidieux mais vous plantez le décor de votre fiction et y donnez beaucoup plus de crédibilité;

La huitième étape est semi-automatisée. Le logiciel Snowflake va importer chaque phrase de votre synopsis long et créer une scène correspondante, qui sera numérotée.

Vous pouvez à ce moment-là définir le “Point of View Character”, c’est à dire le personnage qui “verra” la scène en question, celui ou celle par qui vos lecteurs vivront et sentiront tous les événements. C’est là que vous créez la télépathie dont parle Stephen King.

C’est aussi durant cette phase que vous pouvez créer des chapitres : la structure linéaire de votre fiction apparaît sous vos yeux. C’est presque magique !

La neuvième étape consiste à ajouter des notes à chacune de vos scènes pour compléter les informations et détailler votre futur processus d’écriture.

Vous pouvez rajouter ces détails dans la zone blanche signalée par la flèche verte.

C’est à ce niveau-là que vous pouvez utiliser le système de la “structure scénique” que je vous propose dans cette formation 🙂

La toute dernière étape définie par le logiciel “Snowflake” s’appelle la “proposition”.

Elle est extrêmement utile si vous voulez proposer à une maison d’édition votre futur manuscrit AVANT d’en commencer l’écriture : vous pouvez choisir d’imprimer le synopsis long ou court, et les informations que vous voulez y inclure.

Voilà, malgré cette présentation un peu longue, j’espère que vous aurez réalisé la simplicité et surtout la puissance du procédé imaginé par Randy Ingermanson 🙂

Vous pourrez retrouver toutes les références utiles dans les ressources de cette leçon.

Bon, on continue ??

Retrouvez la formation complète:

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